Scumgrrrls N°13 - Printemps / Spring 2008

Le printemps est déjà presque là... et voici le nouveau numéro du scum ! Et nous avons une nouvelle année 2008, qui, entre autres choses, est le 100ème anniversaire de Simone de Beauvoir. Comme ça fait au moins 100 ans aussi que dure la controverse binaire « Nature » versus « Culture », nous nous sommes intéressées, à partir de ces deux perspectives conflictuelles, aux questions du corps et en particulier à l’Uterus, éternel champ de bataille politique. Et si Simone avait vécu 100 ans, l’équipe du Scum aurait été heureuse de lui offrir ce numéro de notre magazine, spécialement cet ’Uterus Issue’, puisqu’elle n’était pas sans ambivalence concernant cette partie du corps féminin. Cette nouvelle année est également pleine d’agitation électorale, en particulier une course fiévreuse à la présidence des Etats Unis, que nous évoquons brièvement. Et au delà du focus sur l’Uterus, ce numéro vous propose également de lire des nouvelles envoyées par notre correspondante en Irak, une réflexion sur le mouvement pro Anorexie, et une incursion dans le vocabulaire queer ! Et comme toujours, profitez de la lecture, réfléchissez, et pour quoi pas, réagissez... et faites nous savoir ce que vous pensez de l’Uterus !

Pro-ANA

Welcome. Welcome in the world of Astonishment. Introspection. Disbelief. Question Marks.

The Pro-Ana movement is a social movement stating that anorexia nervosa is a choice, a lifestyle rather than an eating/medical disorder. A movement using the World Wide Web (journals, blogs, websites and forums) to swap THINspiration pictures, exchange tips on how to best bring on vomiting, compete with each other at losing weight, support each other during fasts and they also exchange tips on how to deceive parents and doctors on their weight loss. Most frequently asked question on these forums is : “Hello, my name is… I want to lose weight, how do I become anorexic ?”

... et les autres !

A l’époque de la queer attitude, la binarité ne fait pas bon genre. Plus question d’opposer comme système ou comme simple raccourci de langage les hommes et les femmes, les garçons et les filles, les mesdames et messieurs. Car ce serait considérer qu’au-delà de cette opposition basique, aucune autre identité de genre n’aurait voix au chapitre, ce serait oublier les trans, les intersexes, les entre-deux, les sans genre et les autres.

The Uterus Issue

Lorsque le thème de l’opposition entre nature et technologie s’est imposée à nous pour ce nouveau numéro, il semblait riche de possibilités. On pourrait parler de cyborgs, du rapport entre les femmes et les ordinateurs ou autres machines techniques, de l’insémination artificielle, des techniques de contraception, de la place des femmes dans les professions dites technologiques, ainsi que dans l’histoire de la technique, et pourquoi pas des godes, de la chirurgie esthétique ou réparatrice, des OGM, des machines dans les salles de fitness, des tracteurs, et que sais-je encore.

Essentialism versus Constructivism : Or Who has the Power ?

As criticism against the Enlightenment ideas that women were inherently inferior to men, Mary Wollstonecraft proclaimed ‘If you give women the rights of men, she will also develop the virtues of men’. As a criticism to the early 20th century ideas of women as natural mothers, home-makers and hysterics, Simone de Beauvoir proclaimed that ‘one is not born a woman, one becomes a woman’. What neither Mary nor Simone knew was that they positioned themselves in what later would become one of the most heated debates of contemporary feminisms : Does being a woman mean that we are essentially different from men (biological essentialism) or are the differences between women and men a cultural invention (social constructivism) ? That is, does nature make women into women or is it culture that forces women into their women’s costumes ?

Rendez-vous avec la lune

by V.S

Dès que l’humain a commencé à compter ses doigts, il a vite repéré que la durée d’un cycle lunaire, 28 jours sonnés, correspondait exactement à un cycle menstruel chez la femme. Enfin, "exactement", façon de parler, puisque dans la vraie vie, la durée du cycle menstruel chez les femmes peut varier entre 22 et 32 jours. Mais bon, on ne va pas demander à ces corps de femmes, qu’on sait inconstantes comme la lune, d’être d’une précision astronomique, n’est-ce pas ?

Mam’zelle Angèle a arrêté la pilule

Une femme. Nous l’appellerons mam’zelle, ou Sidonie, ou ­Angèle, ou même mam’zelle Angèle, par simple amusement langagier. Mam’zelle Angèle a entre 35 et 40 ans, et, il y a plus d’un an, elle a arrêté la pilule. Elle ne se souvient plus très bien comment cette décision a été prise. Ah oui, elle se souvient : son médecin traitant s’inquiétait de son hypertension artérielle répétée. C’est vrai, mam’zelle Angèle avait une vie trépidante. Son vélo au quotidien et sa nourriture plutôt venue des marchés que des grandes surfaces la sauvaient quelque peu. Mais un assemblage de deux facteurs restait ­implacable : les nombreuses cigarettes qu’elle grillait chaque jour et cette pilule qu’elle avalait chaque soir. Le médecin ­risqua un petit « ce serait bien que vous arrêtiez la cigarette et la pilule », auquel mam’zelle répondit certainement par un ­regard horrifié, puisqu’il se reprit rapidement en se contentant d’un « hum, vos examens cardiaques, pulmonaires et respiratoire sont bons. Et si vous arrêtiez juste la pilule ? ». « Ouf », se dit la fumeuse. « Oui…mais », se dit la mam’zelle.

Les règles, pour quoi faire ?

by A. S

Ce ne sont pas les raisons de vouloir ­arrêter les règles qui manquent : douleurs, handicap, inutilité, prix, écologie, santé, etc. Mais ce ne sont pas ces raisons qui servent à justifier le discours ­culpabilisant de toute une industrie recherchant le profit et d’un système de société basé sur le patriarcat. Les raisons que nous brandissent ces deux sphères de pouvoir sont : la toute puissante lutte contre l’impureté, l’obsession de l’hygiène, la gestion du tabou, le devoir d’invisibilité de ce qui est jugé sale ou pas bandant.

Santé des femmes

Docteure à l’écoute du savoir des femmes, Catherine Markstein est la fondatrice de l’asbl ‘Femmes et Santé’ (www.femmesetsante.be) et a créé des groupes de parole autour de la ménopause à Bruxelles (sur la ménopause, voir Scum Grrrls n° 9). Elle ­prépare maintenant un projet intergénérationnel de transmission entre femmes. Une pionnière féministe de la santé à ­portée de main, une aubaine pour le dossier ‘nature et technologie’.

A force de baisers, elles ont fini par se reproduire

On m’aurait dit, il y a 10 ans, que j’allais un jour décider de faire un bébé sans père avec ma compagne, j’aurais hurlé : mais ça va pas la tête ? Ayant mûre­ment réfléchi à la question (et pour l’avoir vécu dans une première co-parentalité), je plaidais pour l’élargissement de la famille, pour la multiplicité des modèles parentaux mais au grand jamais, je n’aurais fait le choix de démarcher dans un sens où la paternité serait d’emblée écartée du processus… Je dois même avouer que j’éprouvais une certaine perplexité devant les ­lesbiennes avant-gardistes qui recouraient aux techniques ­d’insémination…

Insémination assistée : technologie ou nature ?

La plupart des lesbiennes qui ont un projet d’enfant s’adressent à des centres dits de fertilité, dont l’objectif est d’aider les couples souffrant de problèmes de fertilité de parvenir malgré tout à se reproduire. Les lesbiennes, en principe, ne sont pas infertiles. Si elles sont « traitées » par de tels services, ce n’est pas parce qu’elles ont besoin d’assistance pour être ­inséminées, mais surtout parce qu’elles ont un besoin d’accéder à du sperme. L’insémination proprement dite n’est ­finalement qu’un service annexe offert par le corps médical de tels ­centres. Le sperme étant une denrée rare pour la ­lesbienne, autant favoriser les chances qu’il arrive à bon port.

Men, Power and Occupation

Part I – The Security Machinery

For the past year I have been living in Baghdad. I have been working as a gender and human rights adviser in an American non-governmental organization.

Le scum du moment

Scumgrrrls N°18 - Summer 2011

Voilà déjà 9 ans ( !) que nous avons commencé l’aventure des Scum Grrrls. Nous voulions créer le magazine qui nous manquait, celui que nous aurions voulu lire nous-mêmes, un magazine qui aurait un regard différent et résolument féministe. Nous voulions un ancrage en Belgique mais la liberté de parler de questions locales et globales, nous voulions faire rire, mais aussi traiter de sujets plus sérieux, (...) lire la suite de l'edito.

Le sommaire

  • Merci madame, journée de la jupe
    Par Nathalie Trussart
  • Il corpo delle donne
    par Valére Brixhe
  • Elles Tournent
    by Nadine Schmidt
  • Life Puzzle
    by Malin Björk
  • Craftivism
    by Nina Nijsten
  • Espace et femmes, espaces de femmes ?
    par Anne Smolar
  • Take back the night
    by Nina Nijsten
  • Au coin chéri !
    par Séverine Dusollier
  • Feminists living together collectively
    by Sari, Chris, Nina et Dani
  • Félicia
    par Juliette Boutillier
  • Désordre !
    par Virginie Jortay
  • Oude wijn is rechste zakken
    door Evie Embrechts
  • Ces empêcheuses de violer en rond...
    par Séverine Dusollier