> Les numéros > Scumgrrrls N° 3 - Printemps / Spring 2003

Les femmes crèvent l’écran

Quelle joie quand un film montre des femmes libres, belles et indépendantes, quand son propos est féministe et émancipateur ! Films de femmes ou d’hommes, films féministes, même accessoirement, voici notre sélection, non exhaustive, de films à voir et à revoir !

Femmes à l’encontre de leur temps

  • Dorothy Arzner who referred to herself as “one of the boys” is one of the few women who enjoyed a successful career as director in Hollywood between the late 1920s to the early 1940s. The feminist rediscovery of Dorothy Arzner in the 1970s remains the most important attempt to theorize female authorship in the cinema.In Christopher Strong (1933) the acquisition of heterosexuality becomes the downfall of aviatrix Cynthia Darrington (Katharine Hepburn) whose clothing and swagger strongly denotes lesbian identity which is evocative of Arzner herself, and other lesbians of the time.
  • The Color Purple Steven Spielberg / USA/ 1985 Of course Spielberg destroyed Alice Walker’s fantastic black, feminist, lesbian, post-slavery, slightly queer novel ‘the Color Purple’ (1983). The film is, still, a rather nice portrayal of a black woman’s journey from slavery to freedom, and if you see the movie, you might want to read the book…
  • Saint-Cyr Patricia Mazuy / France / 2000 Madame de Maintenon, pour se laver des péchés qui lui ont permis d’épouser le roi de France, rassemble dans un château les héritières de nobles désargentés pour les éduquer. L’idée tourne au cauchemar lorsque les corps et les âmes sont sacrifiés au salut religieux. Film magnifique, matériellement pétri dans une représentation de l’abjection où le rapport à la souillure, effective et morale, est perpétuel. A la détermination farouche d’Isabelle Huppert (hypnotique lorsqu’elle réalise que la souillure est en fait une menace incarnée par les gens de la cour) s’oppose celle de deux élèves non-conformistes dont une seule (Morgane Moré) parviendra à s’échapper de la prison éducative devenue un mouroir tuberculeux.
  • Thérèse Alain Cavalier / France / 1986 Thérèse est un personnage profondément inadapté à son époque (elle le serait encore...), elle crée son univers, le dit, le met en poème et en acte. Et malgré son côté insaisissable et incontrôlable trouve un lieu où être et exister. Elle est reconnue par ses soeurs comme un sujet. Thérèse vit une passion.
  • Johanna d’Arc of Mongolia Ulrike Ottinger /Allemagne/1988 Sept femmes embarquées dans l’Orient Express se font capturer par des tribus mongoles d’amazones menées par une séduisante princesse. Superbes portraits de femmes dans un film dont les hommes sont rapidement absents et où le fantasme féminin, libéré des narratifs classiques et patriarcaux du cinéma, prend une place immense.
  • Seven Women John Ford / USA/ 1966 Le dernier film de John Ford sur sept femmes isolées dans une mission dans la Chine des années 30 en pleine invasion des barbares de Mongolie. Un rôle mémorable d’Anne Bancroft en doctoresse qui fume le cigare, s’habille en homme et drague au passage la petite protégée de la directrice de la mission, lui promettant une vie bien plus passionnante si elle se libère des préjugés et de la religion. Elle se livre ensuite aux bons plaisirs du chef des bandits mongols, pour sauver le reste de la mission mais sans jamais perdre sa dignité et son autonomie.
  • Jo h n n y. G u i t a r Nicholas Ray / USA/ 1954 Le western qui n’est pas du western. Où deux femmes s’affrontent autour d’une vision du monde. L’ une puritaine et conservatrice s’oppose violemment à Joan Crawford, femme moderne, tenancière d’un saloon qui attend les clients, nouveaux pionniers, que la construction du chemin de fer, risque d’amener dans le pays. Un conflit pour le même homme n’est qu’un prétexte, vite expédié, à une querelle plus profonde entre deux femmes fortes et autonomes, l’une femme d’affaires, l’autre leader de la petite communauté proche, querelle qui dégénère en rage haineuse, presqu’amoureuse.
  • Yo la peor de Todas Maria Luisa Bemberg / Argentine / 1990 Parmi les nombreux films féministes de cette réalisatrice argentine peu connue, difficile d’en choisir un. Moi la pire de toutes raconte l’histoire vraie de Soeur Ines de la Cruz, non admise à l’université parce qu’elle était femme, qui rentre au couvent où elle devient, en proie à la misogynie du Mexique de l’époque, une des plus grandes savantes et poétesses de l’empire espagnol du 17ème siècle.

Destins de femmes et identités lesbiennes

  • Desert Hearts Donna Deitch / USA/ 1986 Une histoire très « conventionnelle  » pour un film qui reste comme le premier film lesbien positif. L’actrice la plus jeune, la plus butch présente une masculinité féminine sans complexe, négociant ses façons d’être avec son entourage. Coup de coeur pour la scène où elle roule en marche arrière pour revoir l’étrange visage qui l’a frappée.
  • Forbidden Fruit Sue Maluwa Bruce, Beathe Kunath et Yvonne Zückmantel / Zimbabwé, Allemagne / 2000 Un film sur l’impossibilité de tourner une fiction lesbienne au Zimbabwé. Magnifique ! -
  • Parfum de violette Maryse Sistach / Mexique / 2000 Yessica qui se lie d’amitié passionnée avec Miriam, car elle “sent bon la violette” sera vendue par son frère pour qu’il puisse s’acheter une paire de nike.. Un film d’une grande force qui dénonce la marchandisation quotidienne dont sont victimes les femmes. -
  • Boys don’t cry Kimberly Peirce / USA/ 1999 Le film biographique rapporte l’expérience tragique de Teena Brandon, cette lesbienne violée puis assassinée en raison de sa sexualité. Sans complexe Tina se saisit de la masculinité, inconsciente du danger qu’elle représente alors pour l’ordre établi et les bonnes moeurs. C’est un personnage fort de son identité et fragilisé dans la perception d’elle-même en contradiction avec ce que doit être « une femme ».
  • Orlando Sally Potter / UK, Russie, France, Italie, Hollande / 1992 Un homme dont la vie court sur plusieurs siècles et semble éternelle, se transforme une nuit en femme. Ce film de Sally Potter apparaît, rétrospectivement, comme une réflexion jouissive sur les théories cyberféministes actuelles. L’androgynie, qui sous-tend le livre de Virginia Woolf ici adapté et qui permettrait d’échapper aux stéréotypes imposés par les identités sexuelles (que Potter détourne légèrement en montrant que la féminité et la masculinité sont également aliénantes), offre un miroir ludique sur les conceptions théoriques de Braidotti ou Haraway. Orlando/Tilda Swinton, égérie de Derek Jarman, y transcende les frontières identitaires, qu’il/elle se découvre femme ou se retrouve prisonnière d’une robe à paniers.
  • Fucking Åmål Lukas Moodysson / Sweden / 1998 ‘Fucking Åmål’ is something as strange as a non-speculative, teenage, lesbian love story by a male director ! In the film we meet the 15-year old ‘bad girl’ and ‘good girl’, both misfits in the high-school milieu of the village of Åmål (somewhere in the middle of Sweden), and we follow them through the horrid, ugly world of teenage depression towards friendship and love. When Moodysson was shooting the film in Åmål the city representatives got worried having heard that it was a film about lesbians. The film was however a great success, and today there is a road sign when entering the village saying Welcome to Fucking Åmål !

  • GO FISH Rose Troche / USA / 1997 Les lesbiennes prennent leur représentation en main ! Même avec des petits moyens, l’image que Rose Troche nous offre est intelligente, passionnée et drôle. Pour la première fois également, une communauté de lesbiennes et de copines...
  • The Killing of Sister George Robert Aldrich / USA/ 1968 Une scène du film tournée dans un vrai bar lesbien a coûté à beaucoup de femmes présentes leur emploi ou leur réputation. Mais The Killing of Sister George c’est aussi le gros plan sur le visage d’une femme en train de jouir dans les bras de son amante ; ou la scène hilarante de Sister George en train de sauter sur deux bonnes soeurs dans un taxi.
  • Heavenly Creatures Peter Jackson / UK, Allemagne, Nouvelle-Zélande / 1994 Nouvelle-Zélande, les années 50. Deux collégiennes imaginent le meurtre parfait pour vivre ensemble leur relation dévorante et constituer la famille idéale. Loin de toute mièvrerie et de tout conformisme, Peter Jackson parvient à rendre parfaitement les embardées passionnelles de l’adolescence, entre voracité morbide et fragilité poignante, qui ne tolèrent aucune frontière restrictive entre réalité et imaginaire. Pour le visage buté de Mélanie Lynskey et les facéties révélatrices de Kate Winslet, mais surtout pour l’alchimie et la détermination jubilatoire de ces ‘créatures célestes’.

Solidarité entre femmes

  • Chaos Coline Serreau / France / 2001 Malgré les 3 hommes et un couffin et autres suites idiotes, nous croyons toujours que Coline Serreau est une cinéaste féministe. Chaos est son chef d’oeuvre, dépeignant la traite des femmes et l’indifférence générale de la police, des associations et des bons bourgeois. Une attaque au vitriol également du sexisme et du mépris des femmes dans la communauté immigrée des banlieues, sans accents politiquement corrects, et de la lâcheté et de la médiocrité des fils, des pères et des maris. Le réel bonheur du film est la solidarité des femmes qui vient à bout de tout.
  • Antonia Marleen Gorris / Pays- Bas / 1995 Une vision féministe de trois générations de femmes marquées par la solidarité, la générosité et le non conformisme.

  • Julia Fred Zinnemann / USA/ 1977 Tiré d’un roman autobiographique de Lillian Hellman, auteure également de la pièce lesbienne The Children’s Hour, le film relate la relation amicale-amoureuse de Jane Fonda et de Vanessa Redgrave durant les années 30 et la résistance aux nazis. Jane Fonda est fascinée par l’autonomie et le courage de Vanessa Redgrave, alors qu’elle-même ne semble jamais pouvoir s’affranchir de son Dashiel Hammet de compagnon, jusqu’ au jour où...
  • Fire Deepa Mehta / Inde / 1996 Au-delà de l’histoire lesbienne entre deux femmes, c’est tout le statut de la femme en Inde qui est dénoncé dans ce film qui se conclut par l’affirmation de ces femmes, en personnes autonomes, contre les préjugés et les interdits sociaux et religieux.
  • Great Moments in Aviation Beeban Kidron / UK / 1993 Oui, bon, l’histoire principale est une romance un peu mièvre entre un homme et une femme, mais la femme en question rêve de devenir pilote (on est dans les années 30) et surtout l’histoire secondaire du film est une des plus belles histoires lesbiennes du cinéma. On se repasserait en boucle la scène où Vanessa Redgrave craque d’un air gourmand à la déclaration d’amour de son amie de plus de 30 ans. De la réalisatrice de Oranges are not the only fruits.

Des(cons)struction de la famille

  • Chantal Akerman’s Jeanne Dielman, 23 Quai de Commerce, 1080 Bruxelles (1975), all 198 minutes of it, is an example of ‘minimal’ cinema. It is also a landmark in feminist cinema. The film covers three days in the life of a widow and her teenage son. Much of the film-time is concerned with Jeanne’s daily routine : cooking, cleaning, washing up… and prostitution. We are impelled to watch and reflect on the process, the gestures of the daily lives of the majority of women that are ignored and devalued in the cinema in general.
  • Pas très catholique Tonie Marshall / France / 1993 Maxime est une femme détective au sale caractère qui, au détour d’une affaire, retombe sur son fils de 18 ans qu’elle a quitté encore bébé pour échapper à la médiocrité de la vie familiale que lui promettait son mariage. Anémone sans aucun regret, se souciant peu de sa maternité et prenant son plaisir où elle veut.
  • Drifting Clouds Aki Kaurismäki / Finland / 1996 ‘Drifting Clouds’ is a story about (female) capabilities, empowerment, hard work and love told with Aki Kaurismäki’s minimalist, non-showy and involving directing techniques. It is the story about, Ilona, the hard-working waitress who after loosing her job refuses to ‘need’ her husband or the welfare system, and who against all odds decides to open a restaurant of her own. She ends up saving herself, her husband, the cook and a few waitresses
  • Safe Todd Haynes / USA/ 1996 Todd Haynes explore l’aliénation d’une femme au foyer qui développe des allergies imaginaires. Sa caméra capte le malaise de Julianne Moore dans une mise en scène clinique où le corps s’évanouit dans des espaces aseptisés, et perd le goût des choses. La désertification n’est pas seulement celle de l’espace mais aussi celle de l’héroïne et le blanc obsessionnel dans lequel elle vit traduit la perte progressive de son identité. Film nécessaire, Safe montre l’hystérie actuelle et imposée par la société au quotidien, au-delà des conceptions dix-neuviémistes excessives.
  • Aline Issermann’s first feature Le Destin de Juliette (1983) was totally ignored by French critics for being outmoded and miserabilistic. It was a relief to see Marguerite Duras rushing to the film’s defence in Libération under the heading “Enthousiasme. Pour Juliette, pour le cinéma”. As a feminist, one can only feel moved and empowered by the struggle for survival of a naive young woman and her daughter who are increasingly trapped and oppressed by an alcoholic, misogynous husband/father who is himself a social victim. Juliette’s resistance, brilliantly captured in the character’s stubborn silence, her communion with nature and the motherdaughter bond, will ultimately bring about Marcel’s downfall.
  • Safe Todd Haynes / USA/ 1996 Todd Haynes explore l’aliénation d’une femme au foyer qui développe des allergies imaginaires. Sa caméra capte le malaise de Julianne Moore dans une mise en scène clinique où le corps s’évanouit dans des espaces aseptisés, et perd le goût des choses. La désertification n’est pas seulement celle de l’espace mais aussi celle de l’héroïne et le blanc obsessionnel dans lequel elle vit traduit la perte progressive de son identité. Film nécessaire, Safe montre l’hystérie actuelle et imposée par la société au quotidien, au-delà des conceptions dix-neuviémistes excessives.

Héroïnes / renégates

  • Born in flames Lizzie Borden / USA/ 1983 10 ans après une révolution socialiste aux Etats-Unis, la structure patriarcale de la société est toujours en place. Une armée de femmes décide de prendre les choses en mains. Un film féministe étonnant, extrêmement intelligent et novateur qui donne envie d’aller voler des camions et de faire la révolution.
  • Miss Congeniality Donald Petrie / USA/ 2000 Sans doute le film le plus léger de ce dossier, juste pour s’adonner aux plaisirs coupables d’une grosse machine hollywoodienne. Sandra Bullock en flic qui refuse de se résoudre aux canons de beauté féminine en plein milieu des Miss America.
  • Times Square Allan Moyle / USA/ 1980 Un film tonifiant sur deux adolescentes rebelles en cavale qui montent un groupe de punk rock à New York…Le film se termine par cette scène géniale où devenues stars de l’underground et incomprises par l’amérique capitaliste des années 80 elles donnent rendez vous via la radio à leurs groupies. Tandis que Times Square est envahi par une marée de femmes, nos deux héroïnes donnent un dernier concert sur le toit d’un building tout en précipitant des téléviseurs dans le vide.
  • The Long Kiss Goodbye Renny Harlin / USA/ 1996 En plein milieu des années 90, alors que le cinéma d’Hollywood était avare de beaux rôles de femmes, quel plaisir de voir Geena Davis en tueuse professionnelle, s’évadant au fur et à mesure du film de l’amnésie qu’il l’avait transformée en mère de famille et femme au foyer. Bien sûr, c’est toujours Hollywood et il faut bien terminer sur une morale qui sauvegarde l’instinct maternel à tout prix.
  • Kathryn Bigelow’s cinema talks about testing the human boundaries and, ultimately, about the search for self-identity. In Blue Steel (1990) Megan Turner appropriates the law and the gaze as a female cop whose relationship to guns and violence is problematic. Megan confronts, struggles and ultimately defeats a psychopathic male alter ego. Jamie Lee Curtis’ performance is a revelation for fetishists who like a woman in a uniform.
  • Scum Manifesto Carole Roussopoulos & Delphine Seyrig / France / 1976 Delphine Seyrig dictant à une autre femme le S.C.U.M. Manifesto de Valérie Solanas, brûlot féministe indispensable des années 60. Un film étonnant que les Scum Grrrls ne pouvaient pas oublier. Dictée entrecoupée d’extraits d’un journal télévisé sur les guerres que se font les hommes. Jouissif.
  • Geography of Fear Auli Mantila / Finland / 1999 ‘Geography of Fear’ is a story about a bunch of women who get tired of sexist and violent men, and who decide to get even ! A Finnish ‘dirty weekend’ without ‘hetero-sexualised sex’, but with feminist bonding and some violence directed by one of the best Finnish female directors, Auli Mantila, on the basis of a novel by Anja Kauranen.
  • Norma Rae Martin Ritt / USA/ 1979 Avant les insupportables tearjerkers qui ressemblent à des opérations marketing, Sally Field épouse, mère et ouvrière dans une usine à tissu, se prend de passion pour un syndicalisme naissant et encore regardé avec méfiance. Dans un scénario prévisible qui répond aux impératifs du self-made-man (woman) américain, Ritt aligne une série de moments forts où son héroïne tente de convaincre les ouvriers de s’offrir des droits, jusqu’à la scène - coup de poing où, menacée de licenciement, elle brandit un carton « union » et fait, littéralement, s’arrêter les machines.
  • From 9 to 5 (Comment se débarrasser de son patron ?) Colin Higgins / USA/ 1980 Lassées par un patron machiste et borné, trois secrétaires, après un quiproquo où elles s’imaginent l’avoir tué avec de la mort aux rats, le séquestrent dans sa propre maison et réorganisent entièrement le service. Une prise de pouvoir régénérante par un trio infernal mais parfaitement coordonné  : Jane Fonda, Lili Tomlin et Dolly Parton, apparemment incompatibles, se partagent aisément la tâche. Entre revendications qui font à présent notre quotidien (introduction de crèches, d’horaires flexibles, etc.) et moments de délire absolu (notamment celui où elles fantasment sur le stratagème idéal pour éliminer leur patron). Un délice.
  • Thelma & Louise Ridley Scott, 1991 rewrites the roadmovie, a typically male genre. Thelma and Louise become outlaws the moment they seize control of their bodies and lives and the film shows that this is still a radical act. When Thelma is assaulted by a man with whom she has danced and flirted, her friend Louise interrupts the rape, answering the order to “suck my cock” with a bullet through his chest. Running from the law, Thelma and Louise discover their identity and subjectivity through female bonding and rather than surrendering to a male world and its laws, the female buddies prefer a heroic death.

So many films depict free and beautiful women, with a feminist insight ! Here is our selection of great movies !