> Les numéros > Scumgrrrls N°16 - Automne / Fall 2009

Vous prendrez bien encore un peu de Séries

Les longues soirées d’hivers approchent et pour celle d’entre nous qui sont politiquement susceptibles et télé-visuellement addicts, il y a toujours un moment où recommence la fatigante valse hésitation dans les rayons du vidéo club : qu’est-ce qu’on va pouvoir se mater ce soir ? Dans un généreux souci de collectivisation des ressources, voilà donc quelques premières suggestions de l’équipe, des séries considérées comme visibles, ou en tout cas une liste de séries qui ont été vues par des féministes, … et leurs amies !

On vous épargne (pour cette fois-ci) la discussion sur ce qu’est une série féministe, ou une série visible par les féministes, ou une série faisant avancer la cause féministe. Gardons simplement en tête que, si chacune a son jardin secret de divertissements inavouables (j’avouerai pour ma part, mais sous la torture uniquement, un gros faible pour « stargate »), les séries que l’on se conseille officiellement ont souvent pour point commun des personnages féminins…qui nous plairons d’autant plus s’ils sont défendables, si peu que ce soit, d’un point de vue féministe, ou s’ils sont sexys (d’un point de vue lesbien), ou, mieux encore, s’ils sont les deux !

Et avant de nous hurler dessus qu’on a oublié LA série essentielle et incontournable, dites-vous bien qu’on en a surtout gardé pour la prochaine fois... et envoyez-nous les vôtres ! Bonnes soirées !

Damages

Vous aimez les salopes ? Les vraies de vraies : des salopes qui aiment la cruauté, le pouvoir, la manipulation. Des héroïnes magnifiques, comme il n’en existe que dans des contes de fées, qui n’existent d’ailleurs pas mais qui faudrait commencer à écrire si on veut un tant soi peu arrêter de se faire entuber…Et bien c’est ce qu’ont commencé à faire les scénaristes de Damages ! Patty Hewes (sublime Glenn Close) est l’avocate la plus redoutée de tout New York et n’hésite pas à employer les méthodes les plus immorales pour arriver à ses fins. A ses côtés Ellen Parsons (pas moins géniale Rose Byrne), tout droit sortie de la faculté de Droit, semble être destinée à être l’oiseau pour le chat… Palpitant. Foncez.

Sugar Rush

Avoir 15 ans et être lesbienne, c’est déjà pas facile, surtout dans une petite ville anglaise, mais quand on craque pour l’hétéro provocante et rebelle, rien ne s’arrange. Surtout pas quand les scénaristes de la série enchaînent les épisodes iconoclastes, ne se gênent pas pour parler et montrer la sexualité des ados et des adultes, de la masturbation avec la brosse à dents électrique à l’aventure d’un soir qui ressemble plus à un viol. C’est drôle, impertinent, intelligent et très tendre à la fois. Et surtout une formidable histoire d’amitié entre deux adolescentes.

Six Feet Under

Lemust des séries, la totale de la perfection, LE top du TOP ! Bref, si vous avez la chance de ne pas l’avoir encore regardée, vous êtes des veinard(e)s ! Tout y est : vie – mort – amour – haine – compassion – élégance – cruauté – paradoxe – amitié – poésie – hasard… Tous les ingrédients d’un bon scénario, comme celui de la vie. Larmes assurées, émotions dignes des grands films, des grands romans, des grandes choses, tout simplement. Tout ça dans une série TV ? OUI ! Gay très friendly.

Bad Girls

Série anglaise sur une prison de femmes, Bad Girls se distinguent de tous les films sur le même thème. Alors que généralement le ressort de ceux-ci fonctionne sur un voyeurisme assez pervers, fabriquant des relations lesbiennes compliquées et dévastatrices ou des jeux de pouvoir meurtriers, cette série qui en est déjà à sa 8ème saison, dépeint une communauté de femmes et la manière dont elles tentent d’organiser ensemble une vie assez particulière. Sans être glauque, la vie dans la prison est montrée de manière crue, loin des angélismes. Les luttes de pouvoir, les intrigues des prisonnières contre les gardiens parfois injustes, les rivalités, les amitiés, les raisons pour lesquelles ces femmes sont devenues criminelles rythment les épisodes. Et qui dit prison de femmes, dit relations lesbiennes… Certaines sont réelles, fortes, d’autres servent à passer le temps de l’incarcération. Ce qui fascine surtout est cet univers principalement féminin, si on exclut les rares gardiens hommes qui servent aussi à introduire des questions liées aux rapports entre les genres, et la manière dont ces femmes entre elles sont à la fois solidaires, dures ou simplement indifférentes. Une étrange série loin du glamour des séries américaines, mais qui rend vite très accro.

The Wire

Vous aimez les polars ? Vous voulez voir la rue, la drogue, les flingues, la politique, la came, le fric, la frime et l’organisation et la corruption du pouvoir ? Foncez sur la très intéressante série The Wire ! (en français "Sur Ecoute"). Des scénaristes de génie (dont George Pelecanos) passent la ville de Baltimore au peigne fin. On plonge dans une analyse sociale constituée d’histoiresmosaïques, et tout dérange. Parce que personne n’est fondamentalement bon, ou mauvais, parce que chacun y est sincère et crédible, simplement humain. La façon de filmer est proche du documentaire et les interprètes y sont tous plus fabuleux les uns que les autres. Oui, c’est une série engagée. Avec un seul bémol, la quasi absence de personnages féminins, hormis une lesbienne assez macho…

Chapeau Melon et bottes de cuir

Parmi les séries complètement ringardes mais dont on ne se lasse pas : The Avengers, alias Chapeau melon et bottes de cuir. Certes les intrigues sont marquées par les mythes des séries d’espionnage des années 60 (les cybernautes, les espions russes, les débuts de l’électronique) mais la série reste irremplaçable par la qualité des acteurs et des scénarios de Brian Clemens, et par une atmosphère bien particulière, liée aux inventions graphiques (ah, les costumes d’Emma Peal) et esthétiques : reconstitution du club de l’enfer, maison envahie par une plante géante, sous-marin dans un château écossais, fête foraine… La vraisemblance étant rarement un souci, décors et costumes s’en donnent à coeur joie, dans un style pur BBC. Même si ce qui fait la continuité des saisons, c’est le héros masculin (John Steed, interprété par Patrick Macnee), gentleman toujours charmeur et séduit, mais jamais macho, on regarde bien sûr la série pour ses alter ego féminins : des héroïnes, jeunes et belles certes mais aussi et surtout fortes et intelligentes, qui savent aussi bien se battre que disserter sur la physique nucléaire, et qui gagnent toujours à la fin. La plus connue de toutes de ce côté-ci de la Manche est certainement Emma Peal (Diana Rigg), et ses inconditionnelles ont bien du mal à passer à Tara King (Linda Thorson), un peu pimbêche. On ne peut que leur conseiller de sauter directement aux épisodes de The New Avengers, dont l’héroine, Purdey (Joanna Lumley) est, certes, un brin plus romantique qu’Emma Peal, mais en garde tout le professionnalisme … et conserve une certaine forme de supériorité intellectuelle sur ses deux comparses.

Dirt

40 épisodes de scandales, de gossips, de schizophrénie et de chantages… Ça vole très bas et c’est d’autant plus jouissif. Les dessous d’Hollywood sont-ils aussi tordus que ceux de la tortueuse Lucy Spiller, la tueuse cérébrale qui use de la manipulation comme d’aucuns boiraient un verre d’eau ? De quoi assouvir les désirs carnassiers, ou les fantasmes qu’on sait qu’on ne vivra jamais J. Un seul reproche : le rythme frôle la crise d’épilepsie.

Plus belle la vie

La vôtre peut-être pas, mais ma mère, elle, regarde « plus belle la vie ». Avec une prétendue distance critique, certes, mais elle est bien accro quand même, et c’est très loin d’être la seule des mamans de mon entourage à piaffer quand on la prive de ses épisodes… (Notons que mon père regarde aussi, mais lui il fait semblant qu’il s’en fiche) . Et force est de constater que même si c’est absolument nul et franchouillard par bien des aspects, il y a quand même quelque chose dans ce soap typique. En particulier c’est à peu près la seule chose à la télé qui parle de la vie courante : tous les thèmes sont abordés, le boulot, les vacances, le racisme, les sans-papiers… Et plutôt avec progressisme dans l’ensemble, il y a plusieurs personnages homosexuels, par exemple. Quant aux rôles féminins, ils sont tout sauf mièvres ou convenus : vieille militante du PC, madame flic, mère célibataire… Bien sûr c’est un tout autre type d’inspiration que des séries à rôle modèle du type Buffy, puisqu’on est ici dans la peinture la plus proche possible de la réalité quotidienne et de ses soucis. C’est probablement ce réalisme qui explique le succès de la série (plus d’un millier d’épisodes…), mais la série a le mérite d’éviter les caricatures sexistes, et si on compare aux feux de l’amour, il y a donc un progrès notable !

Urgences

Là aussi une série que nos mères regardent, ce qui permet qu’elles nous racontent les épisodes qu’on a manqués, ce qui n’empêche pas de suivre l’histoire. Dans sa 15ème saison déjà, c’est le genre de série qui s’accroche sur les écrans, qui rafle plein de prix. Pour les prix décernés par Scum Grrrls, celui de l’égalité. Car dès le début de la série, les médecins femmes sont bien présentes, un peu moins les infirmiers hommes mais on en trouve aussi. Et pas juste des docteures débutantes, mais des vraies chirurgiennes, des spécialistes reconnues… Les questions féministes sont aussi souvent traitées, pas de quoi rivaliser avec un numéro de Nouvelles Questions Féministes bien sûr, mais suffisamment pour une des séries les plus regardées au monde. Côté présence lesbienne, Urgences s’en sort pas mal également. Une première docteure lesbienne apparaît dans la saison 3, féministe, drôle et qui n’a pas la langue dans la poche. Par contre il faudra attendre un peu plus pour voir une lesbienne en action, avec une véritable copine, une relation sexuelle et tout le tintouin. C’est même la chef du service des urgences Kerry Weaver qui s’y colle, et lorsque sa compagne et mère biologique de son enfant décède dans un incendie, elle doit se battre pour récupérer la garde de son enfant contre sa belle famille homophobe. Seul regret, les dernières saisons oublient un peu les représentations féministes et lesbiennes…

Ellen

En avril 1997, Ellen Degeneres entrait dans l’histoire du petit écran : Ellen, le personnage de la série homonyme, faisait son coming out devant desmillions de téléspectateurs. Les fondamentalistes religieux américain ont immédiatement décrété un boycott de Disneyland, la chaîne ABC qui diffusait la série appartenant à l’empire Disney. Cela fait plus de dix ans et Ellen, la première lesbienne déclarée de la télévision, n’existe plusmais a ouvert la voie à des dizaines d’autres. Un site Internet dédié à la présence des lesbiennes à la télévision a même vu le jour sous le nom Afterellen.com. Rien ne vaut une énième vision de l’épisode du coming out, hilarant et assez juste dans les questions qu’il pose, ou tous les autres épisodes de la série, souvent assez drôles, surtout ceux qui suivent le coming out et déclinent toutes les aventures classiques de la lesbienne en devenir. Bien entendu, c’est assez léger et Ellen se pose plus de questions sur comment dénicher une copine que sur le droit à l’avortement. Mais qu’est-ce que cela fait du bien les soirs de déprime…et tous les autres !

The closer : L.A. enquêtes prioritaires

Brenda Leigh Johnson (Kyra Sedgwick) est nommée responsable d’une brigade chargée d’enquêter sur les crimes de célébrités. Classique série policière américaine, on regardera The Closer essentiellement pour le personnage central, obsédée par le sucre et le chocolat, drôle, autoritaire et pleine de contradiction. Alors même qu’elle arrive dans une situation particulièrement pénible au niveau légitimité et acceptation par son équipe (son chef est un ancien amant, elle est en concurrence directe avec un homme dont elle a pris une partie de la sphère d’influence, et ses subordonnés la déteste… qui dit mieux ? ) elle s’en sort après quelques combats épiques, assistée essentiellement pas une capacité hors pair à se faire obéir, en demandant. J’avais toujours cru que le sourire était un signe de soumission, mais elle elle a manifestement appris que c’était une arme de poing. Ses demandes sans détours, assorties de « Thank you » tout à la fois sincères et menaçants (comment elle fait ? ) me laissent rêveuse. A part ça elle a un chat, une mère, un petit ami au FBI, une certaine tendance à picoler et une grande bouche, bref, à part pour ce qui est du petit ami, c’est moi tout craché. Ca fait pas de mal, ça donne envie de fourbir sa carrière… et son sourire.

Buffy, The vampire Slayer

Enfin, pour celles à qui cela aurait échappé, vous pouvez toujours consacrer vos longues soirées d’hiver aux 7 saisons de l’indispensable Buffy (Sarah Michelle Gellar), la chasseuse de vampires, dont la meilleure amie, Willow, (Alyson Hannigan) est geek dès la saison 1, sorcière à la saison 2 et lesbienne à la saison 4. Le scénariste, Joss Whedon, a souvent raconté que sa première motivation était de construire un personnage d’héroïne qui vaincrait les vampires, au lieu que ce soit l’habituel inverse…le moins qu’on puisse dire est qu’il a réussi. En particulier, il entremêle au plus près le quotidien d’une jeune fille normale (soucis scolai res et amoureux, parents divorcés…), avec les responsabilités concernant les apocalypses et les combats à mains nues avec les méchants. Le résultat, c’est qu’il est très facile de s’identifier à Buffy, et qu’après, quand on a une peine de coeur, on a tendance à aller dans les cimetières voir si on peut pas se faire quelques vampires histoire de remonter un peu son self esteemplutôt que de se lamenter indéfiniment sur son sort. Vous avez dit role model ? Et si vous voulez une définitivement bonne raison pour regarder Buffy, il suffira qu’on vous dise qu’elle a été classée en 2002 comme « la pire des séries télévisées » par la très conservatrice association « Parent television council » ce qui suffit comme référence, non ?

DollHouse

Les fans de Buffy n’ont pas manqué le démarrage de la nouvelle série de Joss Whedon, dont la première saison a été diffusée le printemps dernier. On reste un peu sceptique sur cette première saison : si on retrouve avec plaisir dans le rôle principal Eliza Dushku, (qui jouait Faith dans Buffy), et si on sent bien la patte pro-féministe de Joss Whedon dans le scénario et la conception des personnages, cette première saison, un peu répétitive, garde un côté lisse et artificiel qui ne nous a pas convaincues. Mais le dernier épisode de la saison a ouvert toute grande une nouvelle porte prometteuse dans l’intrigue, alors on va suivre en accordant le bénéfice du doute, en espérant, si ce n’est l’équivalent de Buffy, au moins du bon Whedon.

True Blood

Alan Ball est le génial réalisateur de la série Six Feet under. Il revient avec True Blood, inspiré des livres : The Southern Vampire Mysteries books par Charlaine Harris. Dans l’univers de True Blood, les vampires existent depuis toujours, en marge de la société. Mais depuis qu’une firme japonaise a sorti le True Blood, du sang synthétique qu’on peut acheter en supermarché, ils n’ont plus besoin de mordre les humains pour se nourrir. Ils ont donc décidé de faire leur "coming out" et ils militent pour avoir les mêmes droits que les humains. L’histoire se passe en Louisiane, ce qui permet de rompre avec les séries qui ont pour toile de fond Los Angeles ou la Côte Est, avec ses personnes éduquées et urbaines. On plonge en plein pays Cajun, des blancs qui fêtent encore la guerre de sécession des noirs qui se souviennent qu’ils ont été esclaves et des personnes incultes, dont les loisirs se bornent à aller picoler au bar. Dans la petite communauté de Bontemps, Sookie est une serveuse optimiste, indépendante et pleine de vie. Elle est aussi télépathe, ce qui ne simplifie pas toujours ses relations avec les hommes : comment sortir avec un garçon quand on entend par avance toutes ses pensées libidineuses ? Arrive alors Bill Compton, un vampire qui vient habiter la maison familiale, maintenant que les Vampires peuvent faire valoir leurs droits à la succession. C’est une série incontestablement bizarre, qui se construit peu à peu, avec du sexe et du sang. Le parallèle qui est fait entre les droits des Vampires et les droits des autres minorités (noirs, gays & lesbiennes) est inattendu et fonctionne bien (les mariages mixtes entre les américains "normaux" et les vampire-américains seront-ils autorisés ? ) et ce décalage permet même de porter un nouvel éclairage sur la discrimination. C’est aussi une histoire qui avance lentement, sans qu’on comprenne bien, dans un premier temps quel est le but, mais qui mérite de persister.

Absolutely Fabulous

Le démenti absolu à l’affirmation que les femmes n’ont pas d’humour ! Une des premières séries déjantées de la BBC, produit de l’inspiration débridée de Dawn French et Jennifer Saunders, qui nous avaient déjà gratifiées de l’émission parodique French et Saunders (ah la parodie de Titanic, grand moment d’anthologie !). C’est aussi une série où les femmes tiennent le premier rôle, où les hommes sont singulièrement absents et souvent ridicules, où le ton est politiquement incorrect : mère irresponsable dont la fille doit s’occuper, alcool, drogue, vanité et paillettes, immaturité totale. Mais qu’est-ce que cela nous a fait rire…

Desperate Housewives

Grande discussion au sein du Scum sur l’insertion de cette série dans notre dossier. C’est vrai que le ton est plutôt conservateur et apolitique, banlieue américaine et mères au foyer. Mais au moins ces mères au foyer ont des caractère bien trempé, ne s’en laissent pas compter par leurs (souvent) incapables demari et font preuve d’une solidarité entre femmes qui est rarement le ressort d’une série américaine. Pas de quoi lancer de grands débats féministes (on parle pas d’avortement, de droits des femmes ou de la politique de Bush), mais juste de quoi se relaxer en cas de grande fatigue.

Sex and the City

Encore une grande controverse sur l’aspect féministe de cette série. Sex and the City a quand même le mérite de ne fonctionner que sur la présence au premier plan de la sexualité des femmes, de présenter des femmes indépendantes, qui réussissent professionnellement et a particulièrement choqué le monde télévisé américain par la liberté de ton et l’absence de tabous. Même si l’obsession de ces trentenaires new-yorkaises à trouver l’homme idéal pour un soir ou pour la vie finit par les rendre sacrément énervantes…Allez, un épisode de temps en temps ne fait pas de mal.

Weeds

Pouvait-on imaginer plus politiquement incorrect que cette histoire d’une mère de famille (Mary-Louise Parker plus sexy que jamais), veuve, réduite à vendre de la drogue dans sa banlieue friquée pour nourrir sa famille ? Et cela ne s’arrange pas avec les personnages secondaires, de l’adolescente du quartier un peu rondelette et lesbienne, à sa mère démissionnaire, au maire corrompu et consommateur d’herbe au fils qui finit par s’impliquer dans le trafic de sa mère…Aucun personnage n’incarne le modèle du rêve américain. La banlieue de riches, entourée de murs, y fait l’objet d’une critique acerbe, la politique américaine (du temps de Bush) et les rapports raciaux et de classe aussi. Dommage que dès la saison 4, Nancy l’héroïne, ayant quitté sa banlieue (qu’elle a incidemment réduite en cendres), pour la frontière mexicaine, entame une relation à la fois inégalitaire et violente avec le parrain local et perd du même coup son autonomie et sa force pour se retrouver dans une relation abusive qui est assez peu remise en question.

Deux sites web qui analysent la représentation des lesbiennes dans les séries américaines : http://www.media-g.net (site francophone)

http://www.afterellen.com (site américain)

EN

The long winter evenings are approaching, and those among us who are a bit politically sensitive, while at the same time TV-addicts, always feel a kind of tiresome hesitation when we find ourselves in front of the shelves of the video store : what will we watch tonight ? In the spirit of solidarity with our fellow border-line TV addicts we wanted to share our resources. So here are a first set of suggestions from the scumgrrrls team, a number of shows quite possible to watch, a list of series that have been followed by feminists… and their friends !

NL

De lange winteravonden komen er weer aan en als je zoals wij niet alleen geplaagd zit met een zekere politieke gevoeligheid maar ook met een televisieverslaving betekent dit de terugkeer van de moeilijke keuzemomenten in de rekken van de videoclub : wat kunnen we vanavond weer eens met plezier bekijken ? We zijn niet zuinig als het erop aankomt gemeenschappelijke ervaringen te delen. Het team wil hier dan ook een paar aanbevelingen doen over tv-reeksen die we het bekijken waard vonden. Of alleszins over reeksen die feministen - en hun vrienden - ooit bekeken hebben !