> Les numéros > Scumgrrrls N°10 - Automne / Fall 2006

Un jour et une semaine pour les lesbiennes

by A-L. B

Une journée juste pour les lesbiennes et les bi, par des lesbiennes et des bi, avec non seulement un programme consistant et politique mais aussi 1600 participantes, et une couverture médiatique telle qu’on en entend parler de l’autre coté de la frontière linguistique… de quoi faire rêver bien des francophones, non ? D’autant plus que ce n’est pas un coup d’essai : le lesbiennedag existe cette année depuis 20 ans… De quoi faire la fête, fièrement, et pour l’occasion le lesbiennedag se décline aussi à Bruxelles et en Wallonie, avec des conférences et des activités en français, sur une grande semaine. Mieke Stessens, porte-parole de la Holebifederatie a répondu aux questions du Scum sur le programme et l’histoire du lesbiennedag.

Est-ce que c’est important un jour comme ça pour les lesbiennes ?

C’est certainement important : la communauté homosexuelle est souvent masculine, et c’est pourquoi il faut aussi des actions femmes. Cela peut renforcer les lesbiennes et les bisexuelles à prendre plus de confiance en elles à l’intérieur de la communauté.

Folía, l’organisation qui coordonne le lesbiennedag, est bénévole depuis le début, avec depuis 2000 un soutien institutionnel de la fédération Holebi (Homosexuel, Lesbienne, Bisexuel-les). C’est un groupe divers, avec des femmes de différentes villes, avec chaque année une journée pour attirer des nouvelles participantes. Ca demande beaucoup de travail, et beaucoup de bénévoles !

Et le public ?

Le public est également divers, les femmes qui viennent sont jeunes ou vieilles, qui sont investies dans des associations ou pas, et des mères également. Il y a toujours un atelier sur les femmes, et un accueil pour les enfants. Comment préparez-vous le programme du lesbiennedag ?

C’est FOLÍA qui fixe le programme, cette année il est surtout orienté sur l’anniversaire du lesbiennedag, à l’origine il y avait surtout des ateliers sur différents thèmes. Les thèmes sont choisis pour être aussi variés que possible : la politique, la culture, le sport, les enfants, le féminisme, mais il y a aussi de la place pour des activités par exemple sur la méditation, la musique, les films…

Cette année, c’est surtout une fête, et il y a donc des artistes comme Els De Schepper (artiste de cabaret très connue en Flandres), Mira (une chanteuse) Katleen Vandenhoudt (une chanteuse très connue en Flandres).... Il y a aussi une stand-up comedie avec Inge de Waard (finaliste de la Humo’s Comedy Cup) en bRaSs …

Le thème des ateliers politiques de cette année ?

Il y a toujours un contenu politique, et cette année ce sera un débat sur le bien être des lesbiennes, et ce qui peut être fait pour améliorer la situation. Une recherche de l’université de Gand (enquête Zzzip) a montré que tout n’est pas rose pour les lesbiennes flamandes et les bi, et en particulier que c’est difficile pour les jeunes lesbiennes. On a donc invité plusieurs personnes de différentes administrations (Egalité des chances…) pour en parler, avec moi-même et deux personnes des syndicats. Le chercheur de l’université de Gand viendra aussi présenter les résultats. Folía a aussi sa propre plate-forme de revendications (voir sur www.lesbiennedag.be) qui demande plus d’attention sur les problèmes et les besoins des lesbiennes.

Cette année, il y aura également une conférence sur les lesbiennes migrantes et sur comment elles doivent être accueillies et soutenues. Cette conférence sera animée par Myriam Monheim (psychothérapeute). Elle posera la question : comment peut-on lutter contre les discriminations, la xénophobie, le sexisme, les mariages forcés…

Il y aura également la présence de Rauda Morcos, une lesbienne palestinienne militante pour la paix.

Et au niveau de la visibilité, quelle couverture presse ?

L’attention de la presse varie d’année en année, la plupart du temps il y a une bonne couverture, l’an dernier on était au journal de 19 heures ! Le lesbiennedag n’a pas toujours été ouvert à la presse, avant 2000 l’accès était interdit tant aux hommes qu’à la presse, ceci pour permettre de protéger celles qui ne voulaient pas apparaître publiquement.

Pourquoi est ce que le lesbiennedag existe uniquement en Flandres, et pas à Bruxelles ou en Wallonie ?

En Flandre, il y a des actions d’égalité des chances qui mettent explicitement l’accent sur les Holebis. En Communauté française, il n’y a pas cette action publique, en tout cas certainement pas sous cette forme, et la communauté est certainement moins soutenue. Du coup, c’est plus difficile pour les gens en d’organiser des grands évènements du côté francophone. Ce sera la première fois cette année que l’action se fera de manière bilingue : une partie du programme est francophone, et des ateliers seront organisés par les francophones, notamment un sur la parentalité.

Est-ce qu’il y a encore des personnes du premier groupe qui participent encore à l’action ?

Les bénévoles du groupe ont beaucoup changé depuis 1986 ! Celles du début ont porté le flambeau, et pour cette 20ème édition, deux femmes parmi celles qui ont commencé l’action sont revenues pour travailler avec nous pour cette année spécialement.

QUAND ? OU ? QUOI ? La L-Week se déroule du 27/10/2006 au 3/11/2006, à Bruxelles et en Wallonie. (Débat à la Mac, concerts, Portes ouvertes pour les filles au BGS...) Le L-dag a lieu le 4/11/2006, au Voruit de Gent : Kunstencentrum Vooruit Sint-Pietersnieuwstraat 23 9000 Gent Toutes les informations sont sur le site :

www.lesbiennedag.be

EN

An entire day for lesbians and bisexuals, by lesbians and bis, with a solid and political agenda – and 1600 participants ! Something that the Belgian French speaking community can only dream about ? This year “Lesbienndag” or “Lesbian day” celebrates its 20th anniversary. Reason enough for us to proudly party along and to participate in the French speaking conferences and activities organised in Brussels and Wallonia throughout the week. Interview with Mieke Stessens.

NL

Een ganse dag voor lesbiennes en bi’s, door lesbiennes en bi’s, met niet enkel een inhoudelijk sterke en politieke agenda, maar ook met 1600 deelnemers, waar kunnen de Franstaligen nog meer van dromen ? Voeg daaraan nog aan toe dat de “lesbiennedag” zijn 20ste verjaardag viert… Reden genoeg om fier te feesten ! Voor deze gelegenheid zal “Lesbiennedag” ook plaatsvinden in Brussel en Wallonië, met conferenties en activiteiten in het Frans, verspreid over de ganse week. Interview met Mieke Stessens.